Le boom du tourisme menace les merveilles architecturales d'Asie PDF Imprimer Envoyer
altIl y a bien des panneaux "Ne pas escalader", mais les lettres ne sont plus très visibles, et lorsqu'il faut un joli cadre pour faire une photo au coucher du soleil, les visiteurs ne se préoccupent guère de la survie des temples séculaires d'Angkor, au Cambodge.

Alors que le monde se remet de la crise financière et que les infrastructures touristiques des pays en développement s'améliorent, les richesses culturelles d'Asie attirent une foule considérable.

Et malgré les revenus générés, certains s'inquiètent pour l'avenir d'un patrimoine inestimable souvent classé par l'Unesco.

Le parc national d'Angkor a vu passer plus d'un million de visiteurs en 2010, un quart de plus que l'année précédente.

Sur le site de son temple le plus remarquable, Angkor Wat, les touristes vagabondent à leur guise dans les ruines du XIIe siècle, grimpant sur les pierres, s'appuyant sur les murs ou posant leurs doigts sur les délicats bas-reliefs.

"On peut remarquer un peu d'usure, et on ne sait pas si elle vient des siècles d'utilisation ou de nombreux touristes", commente Rona Soranno, touriste californienne de 36 ans.

"C'est absolument extraordinaire de pouvoir marcher sur les pierres et d'être proche de tant d'Histoire, mais vous devez vous demander à quoi ça ressemblera dans quelques années", renchérit son compagnon, Marcus Welsh, 33 ans.

L'Autorité Apsara, qui supervise l'entretien d'Angkor, assure avoir tout fait pour minimiser les dommages, en installant des cordes autour des sites les plus fragiles et en employant 270 gardes.

Mais selon Global Heritage Fund, organisation américaine qui tente de protéger les sites classés dans les pays en développement, "Angkor est fortement en danger à cause de ce manque de contrôle".

Il ne serait pourtant "pas sorcier" de le protéger, plaide son directeur Jeff Morgan, qui plaide notamment pour la mise en place de chemins pré-définis et le respect plus strict des règles.

Reste qu'Angkor n'est pas un exemple isolé.

Du Taj Mahal à la Grande Muraille de Chine, les merveilles architecturales construites à travers les siècles dans le reste de l'Asie sont elles aussi menacées par les visiteurs indélicats, les millions de chaussures, la pollution liée à la circulation, les déchets "oubliés".

En Chine, certaines parties des 8.800 kilomètres de la Muraille légendaire, qui voient passer 10 millions de visiteurs par an, sont couverts de graffitis.

"Seuls 550 kilomètres sont en bon état, c'est-à-dire que le mur a une structure, avec des tours encore intactes", explique William Lindesay, un Britannique qui a passé près de 25 ans à lutter pour sa conservation.

Toute nouvelle construction est désormais interdite 500 mètres autour du site. Mais ce n'est pas suffisant, regrette Lindesay. C'est "l'Histoire qui disparaît. Une fois que c'est fini, c'est fini."

L'afflux de touristes n'empêche pas de préserver les sites historiques, assure Marsis Sutopo, responsable de la conservation de Borobudur, temple bouddhiste du IXe siècle qui accueille quelque 2 millions de visiteurs chaque année en Indonésie.

"Les touristes n'ont pas le droit de fumer au temple de Borobudur. Ils n'ont pas le droit de porter des chaussures à semelle dure", explique-t-il. Et grâce à des mesures strictes, le site "est relativement stable", selon Global Heritage Fund.

Si l'avenir semble sombre pour certains des plus remarquables édifices, "la bonne gestion des sites du patrimoine malgré les millions de visiteurs est possible", assure Jeff Morgan.

Le véritable enjeu est donc dans la volonté politique des pouvoirs concernés. "La grande question est: quand allons-nous traiter nos sites du patrimoine avec l'argent et le respect qu'ils méritent'".

Source AFP (08/03/2011)

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Communiqué

Communiqué de Amnesty International (21/01/2015)

Dix défenseures du droit au logement et un moine bouddhiste, tous condamnés à une peine de prison au terme de procès sommaires, doivent être libérés immédiatement et sans condition, a déclaré Amnesty International avant l'ouverture de leur procès en appel qui doit se tenir jeudi 22 janvier.
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