Cessez-le-feu précaire à la frontière Thaïlande-Cambodge PDF Imprimer Envoyer
altLes forces cambodgiennes et thaïlandaises qui se sont affrontées ces quatre derniers jours aux abords d'un temple du XIe siècle revendiqué par les deux pays, sont restées l'arme au pied mardi.

Les militaires n'ont toutefois pas bougé de ce secteur contesté de 4,6 km2 où se trouve le temple en question, nommé Preah Vihear côté cambodgien et Khao Phra Viharn en Thaïlande.

Phnom Penh et Bangkok se rejettent la responsabilité des affrontements qui ont coûté la vie à deux Thaïlandais et à huit Cambodgiens depuis vendredi. Ils ont en outre galvanisé les "chemises jaunes", des militants ultranationalistes thaïlandais qui réclament la démission du gouvernement.

L'armée cambodgienne a autorisé des journalistes à se rendre dans la zone mardi. Aucun tir n'y a retenti depuis lundi matin mais la situation reste tendue, selon l'état-major.

Les villages du nord du Cambodge proches de la frontière ont été désertés et leurs habitants ont trouvé refuge dans des écoles et des temples.

Du côté thaïlandais, un calme sinistre seulement troublé de temps à autre par le passage de camions militaires régnait également à Ban Sangam, à 7 km de la frontière, et dans les villages voisins. Selon Somsak Suvarnsujarit, gouverneur de la province de Si Sa Ket, 16.654 personnes ont été évacuées.

"Il y a encore beaucoup d'incertitude et nous ne laisserons les gens revenir dans les villages que lorsque l'armée dira clairement que la situation est revenue à la normale", a-t-il déclaré.

Outre les tués, les autorités thaïlandaises ont fait état de 30 blessés dans les rangs de l'armée et de quatre parmi les habitants de la région. Côté cambodgien, le bilan officiel est de 55 blessés.

On ignore encore la cause de ses affrontements. Certains observateurs évoquent la responsabilité de généraux thaïlandais et de leurs alliés nationalistes qui chercheraient à créer les conditions d'un nouveau coup d'Etat et de l'annulation des élections prévues cette année.

D'autres, parlant d'une rupture des communications entre les deux parties, rappellent que le drapeau cambodgien a été hissé dans le secteur contesté et qu'une plaque affirmant la souveraineté de Phnom Penh y a été scellée.

Sur le front diplomatique, la Chine et les Etats-Unis ont lancé des appels à la retenue. Mandaté par l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean), le ministre indonésien des Affaires étrangères Marty Natalegawa a entamé lundi une médiation.

Accusant la Thaïlande "d'agressions répétées", le Premier ministre cambodgien Hun Sen a réclamé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'Onu afin de déployer des "casques bleus" dans la zone.

Son homologue thaïlandais Abhisit Vejjajiva, qui a également écrit au Conseil de sécurité, accuse le Cambodge d'être responsable de la tension et d'avoir le premier ouvert le feu sur un poste militaire thaïlandais dans le village de Phat Ma Khua vendredi.

La Cour internationale de Justice a jugé en 1962 que les ruines appartenaient au Cambodge, mais elle n'a pas précisé l'appartenance d'un territoire adjacent de 4,6 km2, devenu pomme de discorde entre les deux pays.

Avec Prapan Chankaew à Ban Sangam et Jason Szep, Jean-Philippe Lefief et Guy Kerivel pour le service français.

Par Reuters (08/02/2011)

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