Un cambodgien aux JO 2012 PDF Imprimer Envoyer
altSélectionné de dernière minute pour les JO de Londres, "Mony", Cambodgien de 29 ans, se bat en France pour se hisser au niveau olympique sans renoncer aux petits boulots qui assurent son quotidien, quatre ans après avoir renoncé à aller à Pékin en raison du refus de ses parents.

Dès 08h30 au dojo, il attaque, défend, répète inlassablement les mêmes gestes face aux autres membres du club de judo de Brest, dans l'ouest de la France, qui l'aident à mettre les bouchées doubles.

"Je vais pouvoir dire que je suis partenaire d'entraînement d'un sportif olympique", sourit Alexandre, un des jeunes qui vient dès que possible au Dojo brestois -le nom du club- pour la préparation de Mony.

Ratanakmony Khom, dit Mony, une tête de moins que ses camarades, a appris mi-juin qu'il était un des six athlètes cambodgiens sélectionnés pour les JO de Londres. Une annonce de dernière minute qui lui laisse seulement quelques semaines pour rivaliser avec des judokas qui, eux, attendent cette échéance depuis quatre ans.

Pas de diététicien ni de préparateur physique pour le jeune homme, qui sévit dans la catégorie des moins de 60kg. Juste le soutien déterminé de son club et de son entraîneur, Philippe Urvoy.

"Physiquement, il n'est pas dans les meilleurs. Donc il doit perfectionner sa technique, sa rapidité, sa coordination. Il s'entraîne à faire chuter, faire chuter, faire chuter", souligne ce dernier.

Après une deuxième place aux Jeux d'Asie du sud-est en novembre, Mony savait qu'il avait une chance d'être sélectionné pour Londres. Mais il n'y croyait pas, n'en avait même pas vraiment envie: "J'ai d'abord refusé, je n'étais pas préparé."

Il ne voulait pas non plus y aller seul. Trop difficile à gérer dans les grandes compétitions internationales. Il a donc fait pression auprès du comité cambodgien pour être accompagné de Philippe Urvoy.

L'entraîneur ne touche plus le sol depuis qu'il sait qu'il va rejoindre la délégation: "J'ai parfois la chance d'aller dans des championnats nationaux, mais je n'avais jamais pensé aux JO."

Kimono et blouse blanche


Mony s'entraîne tous les jours depuis un mois, matin ou soir, selon ses horaires à la cantine d'un centre de loisirs de Brest. Là, il troque son kimono pour une blouse blanche.

"Il faut que je gagne ma vie, je ne suis pas boursier ni sportif professionnel", explique le judoka, qui fait aussi des extras dans une boîte de nuit le week-end. Le reste du temps, ce polyglotte (cambodgien, japonais, coréen, anglais, français, espagnol) est étudiant en administration économique et sociale.

Né à Phnomh Penh, la capitale du Cambodge, Mony est sélectionné dans l'équipe nationale de judo à 17 ans. Il se met ensuite à la lutte, rejoint l'équipe nationale et devient champion du Cambodge. Les portes des JO de Pékin s'ouvrent.

Mais ses parents, pour lesquels il n'existe pas d'avenir pour un sportif au Cambodge, lui posent un ultimatum: le sport ou sa famille. "Chez nous, nos parents commandent, tracent tout notre avenir..." Mony obéit et part en 2006 faire ses études en France.

Il rejoint la Bretagne après un BTS hôtellerie en région parisienne. A son arrivée au Dojo brestois, "il avait de très bonnes bases techniques mais était têtu comme un mulet", se souvient son entraîneur.

Même s'il a vite progressé, Mony sait que ses chances aux JO sont minces. "Je vais faire de mon mieux pour peut-être créer la surprise."

Il n'a pas annoncé sa sélection pour Londres à ses parents, de peur qu'ils ne s'y opposent. "La presse cambodgienne en a parlé. Donc, je pense qu'ils savent, mais on n'en parle pas. Je ne veux pas avoir une conversation désagréable avec eux."

Source : AFP (21/07/2012)

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