Quatre anciens piliers du régime Khmer rouge devant leurs juges PDF Imprimer Envoyer
altAprès avoir condamné l'an dernier Duch, l'ancien tortionnaire en chef de la sinistre prison S-21, les Chambres extraordinaires des tribunaux cambodgiens (CETC) commencent à juger lundi quatre hauts responsables politiques du régime Khmer Rouge qui a fait 1,7 million de morts entre 1975 et 1979.

Au nom de la réconciliation nationale, l'actuel gouvernement cambodgien a souhaité que ce procès soit le dernier - une pression dénoncée par les associations de défense des droits de l'Homme.

Les quatre accusés qui comparaissent à partir de lundi à Phnom Penh sont Nuon Chea, l'idéologue et ex-adjoint de Pol Pot (le chef des Khmers rouges, décédé en 1998), l'ancien chef d'Etat Khieu Samphan et les ex-ministres Ieng Thirith (Affaires sociales) et Ieng Sary (Affaires étrangères).

Seules cinq personnes ont pour l'heure été inculpées pour leur rôle dans la dictature communiste qui a coûté la vie à un quart de la population cambodgienne.

Le premier à être jugé a été Kaing Gech Eav, alias Duch, responsable de la prison S-21, aussi connue sous le nom de Toul Sleng. On estime que près de 15.000 détenus y ont été torturés et exécutés. En juillet 2010, Duch a été condamné à 35 ans de prison pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

A présent, ce sont quatre anciens piliers politiques du régime Khmer rouge qui sont traduits devant le tribunal spécial que sont les CETC.

Les Chambres extraordinaires ont été créées en 2003 en vertu d'un accord entre les Nations unies et le Cambodge. C'est un tribunal hybride, composé de personnel cambodgien et étranger. Il a pour mandat de juger les principaux dirigeants et les auteurs des crimes les plus graves commis durant le régime Khmer rouge, entre le 17 avril 1975 et le 6 janvier 1979, et ce aux termes de la loi cambodgienne et du droit international.

En moins de quatre ans, environ 1,7 million de Cambodgiens ont été tués ou ont succombé à l'épuisement, à la famine ou à la maladie dans les "champs de la mort" khmers rouges.

Il est incertain que d'autres responsables soient jugés à l'avenir. Les organisations de défense des droits de l'Homme, dont Human Rights Watch, ont déjà dénoncé "l'ingérence" politique du gouvernement cambodgien. L'actuel Premier ministre Hun Sen a déclaré l'an dernier au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon que de nouveaux cas ne seraient "pas autorisés".

Fin avril, les co-juges d'instruction ont annoncé qu'ils avaient décidé de clore leur instruction dans le dossier n 003 (le dossier n 001 était celui de Duch; le n 002 est celui des quatre anciens hiérarques jugés à partir de lundi).

D'après des documents judiciaires confidentiels, deux anciens commandants militaires seraient visés, soupçonnés d'avoir pris part à des purges ayant fait des dizaines de milliers de morts. Ces suspects auraient ensuite occupé des fonctions haut placées dans l'armée post-Khmers rouges.

Au moins cinq employés des CETC ont démissionné, critiquant le fonctionnement du tribunal. L'un d'eux, Stephen Heder, qui avait rassemblé des preuves contre les suspects, a publiquement critiqué la clôture de cette instruction "sans investigation".

L'ONU assure de son côté qu'il ne s'agit là que d'une "étape procédurale intermédiaire". Et d'assurer à la mi-juin: "Les co-juges d'instruction devront rendre une ordonnance de clôture concernant l'affaire n 003 en vertu de laquelle ils décideront, pour chaque suspect, soit de le faire juger, soit de rendre un non-lieu".

Source : AP (26/06/2011)

Site officiel : http://proceskhmersrouges.net/

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Ouverture du procès dans BFMTV :
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Communiqué

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